Boutary — devanture laquée rouge Maison fondée en 1888, rue Mazarine Paris 6e, vue rapprochée plongée légère
Restaurant gastronomique

Boutary

Boutary, Maison fondée en 1888, rue Mazarine, à deux pas de l'Institut. Sous la laque rouge sang de la devanture, le restaurant gastronomique de la Maison Boutary se déploie sur trois actes signés par l'artiste contemporaine Ann Grim : le rouge laqué du rez-de-chaussée et son bar à caviar, l'écrin doré géodésique en sous-sol, et à l'étage l'audacieux geste kintsugi — coulures d'or vif qui zèbrent les parquets noirs et fendent les murs blancs comme autant de cicatrices précieuses. Photographier ce lieu, c'est entrer dans une œuvre en trois mouvements.

Le défi : restituer trois atmosphères radicalement opposées sans casser leur unité. Le rouge saturant du rez-de-chaussée — murs, plafonds, escalier — qu'il a fallu maîtriser en prise de vue comme en retouche pour qu'il garde sa densité sans virer au néon, ni étouffer le candélabre Baccarat-style ni la caviarothèque centrale. Le volume sculpté façon origami doré du sous-sol, traversé de filets blancs LED, où la table ronde en bois et son candélabre à bougies posent un point de chaleur classique au cœur d'une géométrie contemporaine. Et l'étage, le plus délicat : les filaments d'or — réinterprétation moderne du kintsugi japonais — devaient garder leur éclat sans saturer, dialoguer avec les murs noirs aux toiles texturées et le portrait d'apparat du salon rouge. Travail spécifique sur l'équilibre des trois mondes via l'escalier, sur la fidélité chromatique du rouge signature Maison, et sur la lumière des LED jaunes du kintsugi qui devait rester chaude sans déborder.

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