Trattoria italienne parisienne où trois ambiances dialoguent — salle rouge théâtrale, privatif noir intime, cave dorée — orchestrées par la lumière chaude du laiton et du verre soufflé.
Restaurant signé à quatre mains par Marc Ifrah Architecte et l'Atelier Parisien (Anthony Fournier-Baïxas). Trois ambiances tranchées s'enchaînent en séquence. La salle principale joue le rouge brique : plafond à caissons terracotta, banquettes en velours rouge, miroirs cuivrés à lamelles noires et sol en marqueterie 3D qui semble flotter sous les chaises. La salle privative, à l'arrière, bascule en noir profond — plafond, murs, banquette noire, longue table en bois brut, fauteuils velours vert sapin et porte étoilée en laiton ouvrant la perspective. Entre les deux, la cave à vins est mise en scène comme un théâtre : bouteilles italiennes éclairées en trophées, vue à travers des stores à lamelles d'où filtre la lumière rouge.
Le vrai sujet, c'était la lumière. Le restaurant est un projet d'éclairage avant d'être un projet de couleurs : suspensions en verre ambre soufflé qui irriguent la salle rouge d'une chaleur tamisée, étagères de cave rétro-éclairées d'or, bougies allumées sur chaque table, candélabres dorés sur la table d'hôte du privatif, spots cadrés sur le bar G, lumière qui filtre à travers les stores à lamelles ajourées. Un fil de laiton et de cuivre traverse les trois ambiances pour porter cette lumière : miroirs cuivrés à lamelles noires en bandeau, pieds de chaises et de tables dorés, rambarde d'escalier vers la cave, logo G poli sur le bar laqué noir. C'est ce métal chaud qui orchestre l'ensemble — il adoucit la profondeur du noir, donne sa densité au rouge, et fait basculer chaque pièce dans une atmosphère de fin de service. J'ai photographié à la nuit tombée, lumière intérieure allumée, bougies à hauteur de regard, volets et stores en position d'ouverture pour saisir l'ambiance réelle du restaurant en service plutôt que l'image neutre d'un lieu vide.
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